
En 2026, l’équipe CRAFT (Conception, Recherche, Activité, Formation, Travail) de l’Université de Genève célèbre ses vingt ans. À cette occasion, l’équipe souhaite saisir cette opportunité pour organiser une seconde édition des journées d’étude « Fenêtre sur cours ». Après une édition 2025 centrée sur la question « que faire aujourd’hui dans le programme de recherche », l’édition 2026 – Workbench days prend un virage résolument tourné vers le making, en proposant une rencontre conçue comme un temps de création collective (conception, expérimentation et prototypage), selon les principes des hackathons.
Pendant ces journées, les chercheur·es seront invité·es à se pencher sur :
- Sur l’ingénierie de « l’atelier de recherche empirique du cours d’action » : il s’agirait d’initier le développement d’outils et méthodes pour l’ethnographie enactive, pour l’articulation des données de première et de troisième personne, pour le recueil de traces intensives ou sur le temps long, pour favoriser la remise en situation dynamique et l’explicitation de l’expérience, pour l’écriture et la restitution du sensible, ainsi que pour la prise en compte des dimensions incarnées. Par exemple, cela pourrait se concrétiser sous la forme d’un outil numérique d’annotation ou d’écriture dans le cadre de l’ethnographie cognitive.
- Sur l’ingénierie « de formation au programme du cours d’action » : il s’agirait d’initier le développement de ressources pédagogiques et des outils pour former à l’autoconfrontation, à l’analyse sémiologique des données, à la co-analyse et à l’intervention à partir de l’activité réelle, et pour favoriser la contribution aux recherches. Par exemple, cela pourrait se concrétiser par la conception d’un chatbot dédié à la formation aux entretiens, ou encore par la conception de cartes d’empathie pour faciliter l’analyse de l’expérience immédiate.
- Sur l’ingénierie de « l’atelier du cours d’action pour l’intervention et la conception » : il s’agirait d’initier le développement d’outils et méthodes pour la co-conception, pour la modélisation et le prototypage dans une approche centrée sur l’activité, pour la conception à partir du sensible, pour l’intervention à différents niveaux dans les organisations, ou encore pour l’intervention auprès de publics spécifiques. Par exemple, cela pourrait se concrétiser sous la forme d’entraînements de l’IA pour le prototypage, par la conception de cartes de dilemmes pour l’intervention, ou encore par la conception de ressources pour l’intervention ou pour favoriser la conception participative.
Cette édition devrait se conclure par la production d’objets, de ressources, de maquettes, ou de prototypes, dont les formes et les usages seraient définis collectivement. Ce détour par le making, à travers la conception d’outils intermédiaires ou de prototypes destinés à la recherche, à la formation et à l’intervention, nous semble pouvoir alimenter et revisiter, sous un angle renouvelé, des questions théoriques, méthodologiques et épistémologiques.
Certains projets pourraient également contribuer à concrétiser une certaine conception de l’engagement social et politique des chercheur-es cours d’action, en développant des nouveaux outils au service de recherches contributives, ainsi que des dispositifs d’aide favorisant la prise en compte de l’activité par chacun et chacune dans divers contextes de la vie sociale (dans le cadre d’une méthode populaire).

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